Un chariot de tyrolienne qui remonte seul après chaque descente et qui se recharge grâce à son propre freinage. Une innovation imaginée par Floran Schaack, développée en deux ans avec quatre générations de prototypes, et installée à Valloire sur une tyrolienne de 1000 mètres.
Les activités de montagne sont en pleine mutation. Les conditions d'enneigement deviennent moins régulières, et les stations de ski cherchent à diversifier leur offre vers des loisirs d'été plus respectueux de l'environnement. Dans cette logique, les tyroliennes de longue distance gagnent en popularité.
Mais ces installations ont un défaut bien connu des exploitants : quand un chariot descend, il faut le remonter. La remontée se fait à pied ou en 4×4, ce qui mobilise un opérateur, consomme du carburant et bride la capacité de l'installation.
Floran Schaack imagine alors un produit qui résoudrait ce problème de fond : un chariot de tyrolienne autonome, capable de remonter seul le long du câble, et qui rechargerait ses batteries pendant la descente. Le cahier des charges est rapidement posé :
Le défi central est énergétique : comment récupérer assez d'énergie à la descente pour assurer la remontée, sans source extérieure ? Nous explorons les solutions de freinage à récupération existantes, dans des secteurs très éloignés du loisir.
Une piste se révèle particulièrement riche : les camions autonomes de carrière, qui descendent chargés et rechargent leurs batteries grâce au freinage régénératif de leurs moteurs. Le principe est transposable : les efforts de freinage générés à la descente d'une tyrolienne sont importants, et donc l'énergie récupérable l'est aussi — à condition de dimensionner correctement la chaîne moteur-électronique-batterie pour encaisser des pics d'intensité élevés.
Nous proposons à Floran une architecture qui utilise l'énergie de freinage des moteurs pour recharger les batteries à forte intensité, et qui restitue cette énergie pour la remontée.
Quatre prototypes successifs sont nécessaires pour aboutir à la conception finale du Ziptronik. La difficulté du produit vient de la rencontre de deux univers techniques exigeants.
D'abord la mécanique : le chariot doit pouvoir rouler à près de 100 km/h en descente, rester stable, encaisser les efforts dynamiques sur le câble, et garantir la sécurité du passager dans toutes les conditions d'usage. Chaque pièce porteuse est calculée, simulée et testée sur le terrain.
Ensuite l'électronique embarquée, qui doit faire bien plus que gérer la charge et la décharge des batteries. Elle doit aussi permettre au chariot de connaître sa position sur le câble, de détecter les zones de gare, et de gérer seul ses départs et ses arrivées — y compris la coordination avec le dock pour éviter les collisions entre utilisateurs.
Après deux ans de développement, le premier modèle de Ziptronik est mis sur le marché. Il est installé à Valloire, en Savoie, sur une tyrolienne de 1000 mètres de long.
Au-delà du succès de cette première installation, le produit a obtenu un brevet européen et plusieurs prix d'innovation, reconnaissant l'originalité du concept et la qualité de son exécution.
↳ Récupérer l'énergie de la descente pour assurer la remontée — une idée simple, un développement long, un produit qui change un usage.
Premier échange gratuit et sans engagement.